Les facteurs de protection : une base essentielle pour renforcer la sécurité et l’autodétermination
- Cynthia Ouellette

- 1 avr.
- 3 min de lecture
Dans le domaine de la criminologie, on parle souvent des facteurs de risque. Pourtant, ce sont les facteurs de protection qui jouent le rôle le plus déterminant dans la prévention de la revictimisation et dans le renforcement du sentiment de sécurité. Ce sont eux qui permettent à une personne de se sentir plus solide, plus outillée et plus en contrôle de sa trajectoire.
Dans cet article, je vous présente les différentes catégories de facteurs de protection, l’importance des facteurs individuels comme l’estime de soi et les limites, ainsi que la notion de filets de sécurité. Je vous explique aussi comment, en tant que criminologue, j’accompagne mes clientes à les développer.
Qu’est‑ce qu’un facteur de protection?
Un facteur de protection est un élément — interne ou externe — qui contribue à maintenir une personne en sécurité, à réduire sa vulnérabilité et à soutenir sa capacité à faire des choix éclairés. Ce n’est pas un trait de personnalité « inné ». C’est quelque chose qui se développe, se renforce et s’ajuste au fil du temps.
On distingue généralement trois grandes catégories :
1. Les facteurs de protection individuels
Ce sont les ressources internes de la personne. Ils incluent notamment :
l’estime de soi
la capacité à reconnaître ses limites
la régulation émotionnelle
la conscience de ses besoins
la capacité à demander de l’aide
la confiance en ses perceptions
Ces facteurs sont essentiels, car ils influencent directement la manière dont une personne évalue une situation, se protège et prend des décisions.
✦ L’estime de soi comme pilier
Une estime de soi solide permet de reconnaître sa valeur, de se choisir et de s’éloigner plus facilement des situations qui ne sont pas sécurisantes.
✦ Les limites comme système de protection
Poser une limite, ce n’est pas seulement dire non. C’est écouter les signaux internes, ajuster une situation, prendre une pause, nommer un inconfort. Les limites protègent le système nerveux et préviennent la surcharge, la confusion et la revictimisation.
2. Les facteurs de protection relationnels
Ils concernent les liens significatifs et sécurisants :
un réseau de soutien fiable
des relations respectueuses
des personnes ressources
des espaces où l’on peut se déposer sans jugement
Ces relations agissent comme des ancrages qui stabilisent et soutiennent la personne dans les moments plus vulnérables.
3. Les facteurs de protection environnementaux
Ils regroupent les éléments extérieurs qui contribuent à la sécurité :
un environnement stable
des routines prévisibles
des lieux où l’on se sent en sécurité
l’accès à des services professionnels
Ces facteurs permettent de réduire l’exposition aux situations à risque et de soutenir la capacité d’agir.
Les filets de sécurité : un soutien concret et accessible
Un filet de sécurité, c’est un ensemble de stratégies, de ressources ou de repères qui aident une personne à rester en sécurité lorsqu’elle se sent dépassée, confuse ou vulnérable.
Un filet de sécurité peut inclure :
une personne à contacter
un lieu où se retirer
une phrase qui ramène au calme
un plan clair en cas de malaise
une routine qui stabilise
un geste simple qui recentre
Ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est un outil de lucidité et de prévention.
Comment j’accompagne mes clientes comme criminologue
Mon rôle n’est pas de décider pour elles. Mon rôle est de les aider à :
identifier leurs facteurs de protection existants
en développer de nouveaux
reconnaître leurs signaux internes
poser des limites adaptées
créer des filets de sécurité réalistes
renforcer leur estime de soi
retrouver leur autodétermination
Je travaille avec elles pour qu’elles puissent se sentir plus en sécurité dans leur quotidien, réduire les risques de revictimisation et reprendre pouvoir sur leur trajectoire. Chaque micro‑action compte. Chaque limite posée renforce la sécurité. Chaque facteur de protection solidifié augmente la capacité à se choisir.
Conclusion
Les facteurs de protection ne sont pas des concepts abstraits. Ce sont des outils concrets, accessibles et profondément humains. Ils permettent de se sentir plus stable, plus en sécurité et plus en contrôle.
Et surtout : ils appartiennent à la personne.
Mon rôle, comme criminologue, est simplement de l’accompagner à les reconnaître, les renforcer et les utiliser pour avancer avec plus de confiance et d’autodétermination.
Cynthia



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